Qui soutient qui dans le pillage de l'Afrique?

Publié le par nunoluciano

Les temps sont durs en Libye, comme en Côte d’ivoire, les tensions durent. L'attention sur la Libye, et sur le monde arabe en général, semble occulter les drames qui se déroulent en Côte d’Ivoire et au Cabinda, ou encore en Irak. Alors qu'un nouveau front s’ouvre en Angola où l’opposition fait appel à une manifestation populaire contre le régime dictatorial de José Edourdo Dos Santos, Président et ami de Mouammar Kadhafi. Au fait, et le Maroc dans tout ça?

Divide et impera

« Faut-il encore investir en Afrique ? Bien sûr ! Nous ne sommes pas des sociétés de bienfaisance. Si nous ne trouvions pas notre compte en Afrique, nous n’y serions plus. D’ailleurs, les grands groupes sont toujours présents sur ce continent. »

Jean-Louis Castelnau, Président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique, Le Figaro, 02/12/2004

De la colonisation à la mondialisation, un souci permanent de prédation économique

org-crises-afrique.jpg

Afrique : organisations régionales et crises, 2008-2009

 

Malgré les discours de rupture, l'Europe reste très préoccupée par la défense de ses intérêts économiques sur le continent africain, qui s’apparente souvent à une prédation pure et simple des ressources locales.

Dès l’origine, le pillage des matières premières africaines et la commercialisation de produits transformés étaient au cœur du processus colonial. Comme l’expliquait Jules Ferry, président du Conseil, en 1885:
« Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux (…). La politique coloniale est fille de la politique industrielle. L’Europe peut être considérée comme une maison de commerce qui voit décroître son chiffre d’affaires, car la consommation européenne est saturée.»

 

Depuis les indépendances, l’accès à certaines ressources stratégiques est restée une priorité de l’État français, comme l’affirmait en ces termes le général De Gaulle en1961: « Notre ligne de conduite, c’est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. Quels sont nos intérêts ? Nos intérêts, c’est la libre exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découverts ou que nous découvririons.»

Depuis la fin de la guerre froide, la libéralisation globale de l’économie mondiale a modifié les lignes d’analyse, au point que certains prétendaient désormais en dépit de toute vérité objective que « la France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique » (Nicolas Sarkozy, mai 2006).

 

Le 13 juillet 2008, dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy relance L'Union pour la Méditerranée, l'organisation est destinée à donner un nouveau souffle au processus de Barcelone (1995), partenariat liant l'Europe aux pays riverains de la Méditerranée. Les principaux buts de l'organisation sont d'ordre énergétique et environnemental : l'eau, l'énergie (notamment pétrole et solaire), comptent parmi les enjeux au cœur du projet. À l'inverse, des sujets moins consensuels comme l'immigration, la nature des régimes politiques des États membres ou le conflit israélo-palestinien ont été écartés.

 

Le sommet fondateur de l'Union pour la Méditerranée s'est déroule le 13 juillet 2008 à Paris à l'invitation de la France et de l'Égypte. Les pays riverains de la Méditerranée et de l'UE sont représentés à ce sommet au plus haut niveau de l'État. La Libye assiste au sommet au titre d'observateur et est représentée par son ministre des affaires étrangères. La France, qui assure la présidence du Conseil de l'Union européenne, invite également les chefs d'État et de gouvernement de l'UPM à assister au défilé militaire du 14 juillet.

 

On doit pourtant à Omar Bongo la formule « L’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur, la France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant » (Libération, 18/09/1996), pour illustrer à sa façon l’importance des ressources africaines dans l’approvisionnement énergétique de la France.

Des richesses gigantesques, un marché à conquérir

Simple rappel, sans valeur exhaustive : On estime que le continent africain représente
8% des réserves mondiales de pétrole connues
40% du potentiel hydroélectrique mondial
le gros des ressources mondiales de diamant et de chrome
50% de tout l’or du monde
90% du cobalt
50% des phosphates
40% du platine, de l’uranium, du coltan, etc…

Sans oublier le bois, le bassin du Congo représentant le deuxième poumon vert de la planète, ni l’énergie solaire, à l’heure où le photovoltaïque aiguise de nouveaux appétits...

D’autre part, les caractéristiques démographiques africaines laissent entrevoir le potentiel en termes de débouchés : de 220 millions d’habitants en 1950, l’Afrique est passée à un milliard d’habitants au cours du premier semestre 2009, et cette évolution ne semble pas près de s’inverser (certains analystes estiment que la population pourrait doubler d’ici 2050). Un marché gigantesque, pour tous les biens de consommation courants : alimentaires et vestimentaires, mais également les transports (aériens, maritimes et terrestres), l’adduction en eau et le retraitement, l’électricité, les déchets, les télécommunications, les banques et assurances, etc...

 

ref. Afrique 2010, Wikipedia, France Diplomatie

Publié dans Politique

Commenter cet article