Vidéo choc contre les violences éducatives

Publié le par nunoluciano

La Fondation pour l’enfance diffuse une campagne de prévention télé et web contre les violences éducatives et relance le débat entre partisans et adversaires de la fessée ou de la gifle comme « outil éducatif ».


« Des parents qui battent ont souvent été des enfants battus. Éduquons sans violence. Ni claques, ni fessées »


Un message et une vidéo choc diffusée sur toutes les grandes chaînes (France Télévisions, groupe Canal+, Arte, M6, TMC, NT1 et Direct 8) et le web à l'occasion de la Journée internationale contre les violences éducatives.

 

 

« C'est un film pour faire débat. J'aimerais que les parents que nous sommes se questionnent sur leur façon d'éduquer leurs enfants, sur l'utilité, les dangers et les risques de frapper un enfant. Est-ce que cela aide l'apprentissage, est-ce que ça va l'aider dans sa vie sociale future, est-ce que ça ne va pas engendrer de la violence ? », s'interroge le Dr Gilles Lazimi, médecin à Romainville (Seine-Saint-Denis) et coordinateur de la campagne.


« Ce n'est certes pas un processus éducatif, mais on peut distinguer tout de même les fessées ou les gifles irrépressibles dans un moment d'énervement de l'adulte, poussé un peu à bout. C'est un geste exceptionnel qu'on regrette mais ça peut être un moyen de faire comprendre à l'enfant, de manière involontaire, qu'il a dépassé les limites de l'acceptable »,
nuance Agnès Florin, professeur de psychologie de l'enfant et de l'éducation à l'université de Nantes, interrogée par l'AFP.


Même ces gestes « irrépressibles » sont condamnés sans réserve par la Fondation. « Je veux comprendre pourquoi d'un point de vue éthique on accepte aujourd'hui que battre un enfant c'est de l'éducation. C'est de la brimade, c'est de l'humiliation, c'est tout ce qu'il ne faut pas faire qu'on apprend à l'enfant », affirme le Dr Lazimi. « La loi interdit de frapper un adulte ou un animal, et c'est normal. La loi doit interdire de frapper un enfant », ajoute-t-il en soulignant que seules la France et l'Angleterre n'ont pas encore légiféré sur le sujet dans l'Union européenne


Selon la Fondation, 28 pays ont déjà interdit ces « pratiques inefficaces et traumatisantes ». Depuis 2008, le Conseil de l'Europe recommande à ses Etats membres d'interdire ces violences ordinaires. La députée UMP et pédiatre Edwige Antier avait déposé en 2009 une proposition de loi en ce sens qui n'a toujours pas été examinée par le Parlement.


Pour Boris Cyrulnik, psychanalyste, cette campagne « naïvement bien intentionnée » est « maladroite » car elle va « culpabiliser les parents ». « Il faut rechercher les causes de la fessée, selon lui. C'est toujours soit un désarroi parental, soit un trouble du développement de l'enfant. Donc je pense qu'il faut entourer les parents au lieu de diminuer leur autorité en signifiant aux enfants “Vos parents n'ont pas le droit de vous toucher“ ». « Il faut bien sûr éviter les violences éducatives, mais ce n'est pas en faisant une loi qu'on pourra y travailler. L'interdit chez l'enfant est une fonction structurale majeure. Plus l'interdit est énoncé, moins on a besoin de violence physique », ajoute Boris Cyrulnik.


Selon lui, autrefois, « un simple froncement de sourcil permettait de se faire obéir de l'enfant. Actuellement il n'y a plus d'autorité paternelle et le recours à la violence devient un substitut très maladroit ».


AFP


Que pensez-vous de ce spot ? Selon vous, la gifle est efficace ou inadaptée ?

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